Les
Moussems à Tafraout et région

Moussem
de Sidi Abdeljabbar
Le
moussem ( Festival ou cérémonie ) de Sidi Abdeljabbar
ben Igueld, grand Ouali d'Imintizeght à Afella Ouassif (le
haut de la vallée) se déroule chaque année
entre la deuxième et la troisième décade du
mois d'Octobre et dure deux jours, jeudi et vendredi. Le mausolée
de Sidi Abdelljabbar, dont le style architecural est très
ancien, a été édifié au bord de l'Ouèd
Alili (Laurier-rose) entre les douars Tifghelte et Imi n'tizghte
où habitent actuellement ses descendants. Ce saint vénéré
était un grand savant du septième siecle. Il donnait
des cours magistraux dans la science du Hadith en langue Arabe et
en Chleuh. Aussi, il pratiquait la médecine traditionnelle
et les malades affluaient chez lui pour solliciter la guérison.
Depuis longtemps, ce moussem revêt un aspect à la fois
religieux et commercial. Pour ce qui est du côté religieux,
qui est visiblement dominant, les Tolbas, ouléma et Fakihs
des médersas de la région se réunissent dans
la Zaouia de Sidi Abdeljabbar pour organiser des veillées
religieuses. Quand au côté commercial , en dehors de
quelques marchands ambulants installés sous des tentes, échoppes
ou devant leurs étalages à même le sol, on ne
trouve que des vendeurs de dattes et du henné, ce qu'on appelle
en général les Barouk. Mais au cours de ces dernières
années, l'activité commerciale semble être croissante
par rapport aux années précédentes puisqu'on
y trouve aussi les vendeurs de boissons fraiches, thé à
la menthe et sandwitchs, les vendeurs de bijoux en argent et ceux
de la bonneterie. Le moussem de Sidi Abdeljabbar
joue également un grand rôle d'ordre social occasionnant
les mariages. La fin de ce moussem est toujours marquée par
une grande soirée d'Ahouach organisée dans les aires
des douars de Tifghelte et Imi n'tizghte. Cette soirée folklorique
débute après le dîner et se prolonge jusqu'au
matin sans incident aucun. Certes, tous les présents sont
censés respecter ces lieux sacrés. Tafraout connaît
chaque année d'autres moussems du même genre et de
la même taille dont les principaux sont : le moussem d'Aguersif
le
moussem de Tagouramte, le
moussem de Dimlalen, Le
moussem d'Izerbi, et le moussem de Moulay Elhadj. Boulam.
Moussem
Dimlalen
 
Milieu
de la vallée des Ammelne
Le
moussem de Sidi Yahia ben Abdellah, Ouali Dimlalen à la
vallée des Ameln, est célébré chaque
année. La date de tenue de ce moussem coïncide parfois
avec mi-août. La date habituelle est fixée au premier
jeudi du mois d'Août agricole. Selon les narrateurs, l'Histoire
du Saint vénéré Sidi Yahia est comme suit
:Sidi yahia ben Abdellah Doumlali ben Ibourk ben Ali ben Mohamed
ben Abderrahman ben Mohamed ben Abdellah ben Abderrahmane ben
Assim, descendant de Sidi Ouasmine enterré à Chiadma
dans la région d'Essaouira. Il fait partie de Ragraga.
La date de sa naissance est erronée par les Oulémas.
Mais, celle de son décès est mentionnée avec
précision et remonte à 999 de l'hégire. Il
était très connu dans le milieu du soufisme de l'époque.
Il a passé toute sa vie à la recherche du savoir
et dans bonne harmonie socioreligieuse digne des Saints hommes.
Il jouissait à la fois de l'estime et du respect de la
population qui l'a toujours côtoyé et qui s'est inspiré
de son comportement de Saint homme. Il a veillé profondément
aux respects des principes et des préceptes de l'Islam
et du Coran. Les habitants de la tribu d'Ait Smayoun et ceux de
Tafraout célèbrent ce moussem une fois par an et
durant deux jours (Jeudi et Vendredi). On raconte que les agriculteurs
de la région qui se rendaient à ce moussem pour
s'approvisionner en semences de certains légumes tels que
les navets, oignons et carottes, croient en la "Baraka"
(Don d' Allah ) et les récoltes ayant toujours été
bonnes pour eux. Ce moussem revêt un caractère religieux,
mais depuis quelques années on constate qu'il a un autre
caractère à la fois religieux et commercial, puisqu'on
en trouve des rangées de marchands de bonneterie, de bijoux,
de "Barouk" ( Dattes, bonbons, feuilles du henné
etc...) et même des cafés où l'on peut se
reposer, manger un tajine ou des brochettes et boire les limonades,
les jus d'orange et le thé à la menthe. Ce moussem,
à l’instar des autres, s'achève par une soirée
folklorique bien organisée à laquelle font partie
les troupes des régions avoisinantes et les poètes
berbères tels que le duo Ihya-Ajmaâ, Ali Chouhad
à la tête du groupe Archach et bien d'autres.
Barouk
: Mot barouk est issu de la baraka
(Don de Dieu).
Les gens viennent aux moussems pour acheter les barouk (dattes,
henné, le Kohl, différents bonbons, chwingums, bagues
en argent etc...) afin de les offrir aux familles et amis. Ca fait
plaisir à la personne qui offre et à celle qui reçoit.
Les feuilles de henné sont offertes uniquement aux femmes
et filles qui garnissent les mains et pieds avec.
Le henné:
plante sacrée dans le monde arabe et
musulman. Le mot "henné" a rapport avec l'affection
ou sentiment. Les femmes de passage à Tafraout, comme dans
toutes les villes touristiques du Maroc, pourront trouver facilement
des femmes ou jeunes filles qui appliquent bien le henné
sur les cheveux, les mains et autour des pieds. C'est vraiment beau
et
ça porte le bonheur.
Khool
: poudre noire avec laquelle les femmes
font noircir les sourcils, cils et paupières. (maquillage
traditionnel). Le khool, tout court, fait de beaux yeux et les protège
contre toutes infections./ Boulam.

 

Le village d'Ayeghd à Tafraout
Le
moussem de Moulay Lhaj à Ayeghd
Le
moussem de Sidi Moulay Lhaj ouali d’Ayeghed qui relève
de la commune rurale de Tasserirte à tafraout. Ce moussem,
à l’instar des autres, est célébré
une fois par an durant la deuxième quinzaine du mois d’Août.
Selon les récits, Sidi Moulay lhaj est descendant de la
dynastie des Idrissides. Il était élève du
grand Cheikh et théologue sidi Abdellah ben Yacouk semlali
très connu au 15 ème siècle de l’hégire.
Le ouali d’Ayeghd, durant toute sa vie, était à
la recherche du savoir. Il était le grand Imam, ayant toujours
pris en charge l’enseignement religieux et ayant beaucoup
veillé à ce que les principes et les préceptes
de l’Islam soient respectés. Connu également
par sa générosité à l’égard
des pauvres. Ses œuvres et sa vie sont décrits par
l’Imam Mokhtar Soussi dans son ouvrage « AL MAASOUL
». Le moussem de Sidi Moulay Lhaj qui dure deux jours (Jeudi
et vendredi) était plus religieux que commercial. Or, depuis
quelques décades seulement, on y trouve une simple exposition
d’articles artisanaux et dérivés. On y trouve
aussi de petits commerçants de produits alimentaires tels
que les vendeurs de goûters et casse-croûtes. Une
soirée folklorique prolongée, « Ahwach des
hommes puis des femmes », a toujours été organisée
à l’occasion. On raconte que Moulay lhaj avait un
don dans le domaine de la poésie et musique berbères.
De ce fait, les gens qui souhaitent devenir des virtuoses du bendir
ou ribab (instruments de la musique berbère) se rendent
au mausolée du marabout Moulay Lhaj pour solliciter le
don leur permettant la maîtrise de ces instruments.
En1981,
la chasse au trésor, une émission télévisée
en direct de Philippe de Dieuleveult ( énigme à
découvrir en 45 minutes) s'est déroulée à
Tafraout. Alors, le tesbih qui représentait le trésor
à été trouvé par les candidats dans
ce village dont le nom a relation avec le cendre. /Boulam.
Mot
clé de l'énigme : " Cendres"
M. et Mme Léonard, belges. « Après ma
visite au Marabout, je deviendrai peut-être un virtuose
du Bendir. En remerciement, j'ai offert un Tesbih au Moulay
. Il le remettra à Philippe de Dieuleveult si celui-ci
le lui demande de ma part. je ne me souviens plus du nom de
ce village, je me rappelle seulement qu'on m'a parlé
de « cendres ». J.H. Noël, le 20 novembre
1980. »
Moussem
de la zaouia de Dougadir
D’abord,
le mot Dougadir signifie le bat d’une fortification. Dougadir
se trouve dans le cercle de Tafraout, pas loin du khmis d’Ait
Wafqa. Le moussem de la Zaouya des Derkaoua sise au douar Dougadir
se tient une fois par ans à la fin du mois d’Août
( 29 et 30) . Ce moussem se déroule dans un style purement
et simplement religieux. La Zaouia a été édifiée
au début du 13 siècle de l’hégire sous
l’égide de l’imam et cheikh Sidi haj Ali ben
ahmed El oulfi Edarkaoui, lequel était l’un des grands
savants et théologues dans la région. Il a consacré
toute sa vie à la recherche du savoir dans une bonne harmonie
socioreligieuse digne des saints hommes. Il était très
célèbre et a pris en charge l’enseignement
religieux et a veillé profondément au respect des
règles de l’Islam. Le rite des Derkaoua a été
d’abord répandu dans la région du Souss, puis
à Haha, El Haouz, Chiadma, et Rhamna. Ce qui a suscité
l’existence de plusieurs Zaouia à travers lesdites
régions. Sidi haj Ali avait appris le Coran à son
village natal « Dougadir ». Il était l’élève
du Cheikh Sidi Mohamed EL Arabi Al Adouzi et fut décédé
en 1328 de l’hégire. Vu ce qui précède,
les hommes plus âgés pratiquent ce rite de Derkaoua
dans plusieurs régions du pays dont Guelmim, El jadida
, Marrakech, Beni Mellal, Casablanca , Taroudant , Agadir et Tiznit
et s’affluent sur la Zaouia de Dougadir pour participer
à la tenue du moussem qui dure deux jours durant lesquels
la plus part du temps est consacrée à la prière
et Amdah nabaouia au style des Derkaoua et se prolongent jusqu’à
l’aube. Ce rassemblement de 1000 personnes environ permet
aux pèlerins de se concerter et changer leurs points de
vue en ce qui concerne les principes de la religion. Aussi, ils
profitent, en plus, de visiter le sanctuaire du fondateur de la
zaouia. Ces pèlerins arrivent soit par leurs propres moyens,
soit par le transport public. Durant le séjour, en majeure
partie, les pèlerins sont logés et nourris par les
Chorfa de la place, en l’occurrence, les descendants de
Sidi haj Ali. A l’aube de la troisième journée,
un grand rassemblement s’organise pour la prière
de l’aube « ASSOBH » à l’issue
de laquelle débute le démenbrement des visiteurs
pour annoncer la fin du moussem. Or, ce rite qui avait une ampleur
distinguée commence à diminuer puisque les jeunes
d’aujourd’hui ne prennent pas cette tradition pour
autant.
Tous
les moussems de la région, sans exception aucune, s'achèvent
par des prières levées au ciel afin qu' ALLAH protège
le Pays et SA MAJESTE LE ROI de tout mal.
Boulam.
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